Quebec

L’impact de l’AECG dans les échanges franco-québécois à travers la presse.

Résumé :

  • Les producteurs laitiers du Québec se sentent « trahis » par le gouvernement Harper qui a consenti une augmentation des quotas d’importation de produits laitiers. Le mécontentement est d’autant plus grand que les producteurs européens sont subventionnés par la PAC en Europe, et ne reçoivent aucune subventions ou presque au Québec. Par rapport aux autres provinces, le mécontentement est particulièrement localisé au Québec car la province concentre actuellement ¾ de la production nationale de fromages fins.
  • Toutefois, cette analyse est à mettre en perspective avec l’intervention de Monsieur PM Johnson, ex Premier Ministre du Québec et négociateur en chef de l’AECG (cf article sur http://acf4biz.com/), qui déclare que si les quotas ont été doublés, il ne dépassent pas aujourd’hui les 6% du marché canadien des produits laitiers.
  • De même pour les producteurs de bœuf français, les producteurs de bœuf sans hormones canadiens vont pouvoir exporter 55 000 tonnes vers l’UE. La consommation française de bœuf s’élève à 1,6 million de tonnes et 6,8 millions pour l’UE. Ainsi, il apparaît qu’en dépit des mesures adoptées pour favoriser les exportations canadiennes de bœuf, celles-ci n’auront que très peu d’impact sur le marché européen. Dès lors, les contestations émanant des producteurs français et québécois sont à mettre en relief.
  • Une autre crainte est exprimée concernant la clause de protection des investissements qui offre la possibilité de poursuivre un gouvernement si celui-ci prive une entreprise de profits anticipés. Le risque serait de voir l’autonomie des pouvoirs locaux diminuer.
  • Grâce à l’harmonisation des normes et à l’abaissement de plus de 90% des droits de douane, l’AECG devrait impacter de manière directe aussi bien les grande que les petites et moyennes entreprises qui se heurtent souvent à ces écueils lorsqu’elles veulent développer leur commerce outre-Atlantique.
  • De manière générale, en dépit de quelques craintes localisées, l’AECG est perçu de manière positive par le Québec. Tout comme Vancouver profite de l’axe asiatique dans ses échanges, le marché européen apparaît être un axe évident pour Montréal.
  • Certains journaux québécois pointent cependant du doigt, une certaine indifférence de la part de l’UE, la France incluse. Ce ressenti se manifeste notamment par la récurrence du sujet dans les journaux, beaucoup plus présent dans l’actualité au Québec qu’en France par exemple.

 Cette revue de presse présente un article qui résume assez bien les enjeux, impacts et prochains rendez-vous concernant l’AECG. A celui-ci s’ajoutent deux articles focalisés sur le cas des producteurs laitiers du Québec, un article sur l’influence de l’AECG sur les pouvoirs locaux québécois, et deux articles rassemblant les premiers témoignages et avis juste après la signature de l’accord de principe le 18 octobre dernier.

Bonne lecture!!

Marion Burette

Le Québec et la France :un pont économique entre deux continents

LES BLOGS DE LA TRIBUNE

http://www.latribune.fr/blogs/la-tribune-des-expats/20131204trib000799265/le-quebec-et-la-france-un-pont-economique-entre-deux-continents.html

Le Conseil du patronat du Québec parle, à propos de l’accord Europe/Canada, d’ « une entente gagnant-gagnant », et la Chambre du commerce du Canada se réjouit de l’ouverture du marché européen pour les entreprises canadiennes.

Nathalie Simon-Clerc  |  04/12/2013, 15:04  –  1206  mots

L’accord économique et commercial global entre l’Europe et le Canada fait grogner outre-Atlantique… Explications de notre contributrice, Nathalie Simon-Clerc, rédactrice en chef-fondatrice de l’Outarde libérée, le webmagazine de l’actualité franco-québécoise

La poignée de mains entre Stephen Harper et José Manuel Barroso le 18 octobre dernier à Bruxelles, est historique. Elle scelle l’accord économique et commercial global (AECG) entre l’Europe et son marché de 500 millions d’âmes, et le Canada, avec 35 millions de consommateurs potentiels. L’AECG permettra notamment de supprimer 99% des droits de douane entre les deux économies. En 2012, les échanges bilatéraux entre l’Europe et le Canada avaient atteint près de 62 milliards d’euros.

Au Canada, avec des retombées économiques évaluées à 12 milliards de dollars par an et 80 000 créations d’emploi, l’accord résonne comme la marque « d’un leadership politique » de Stephen Harper, selon l’ancien premier ministre libéral du Québec, Jean Charest.

La grogne québécoise

Pourtant du côté canadien, et plus encore du côté québécois, cet accord est accueilli avec circonspection. À l’euphorie de l’annonce du Premier ministre conservateur, ont déjà succédé les conditions du gouvernement québécois de Pauline Marois, qui appuiera l’accord s’il s’avère bénéfique pour le Québec.

Or la Fédération des producteurs de lait de la province, a déjà qualifié d’ « inacceptable« , l’augmentation des quotas d’importation de fromages européens. Les producteurs québécois fabriquent 50% des fromages canadiens, et 60% des fromages fins. Ils craignent une concurrence déloyale avec une filière laitière européenne subventionnée. Pauline Marois a déjà annoncé que la ratification du côté québécois dépendrait des mesures d’aides accordées aux producteurs de lait par Ottawa.

Elle a été rejointe dans sa demande, par Thomas Mulcair, chef de l’Opposition officielle à Ottawa, qui dénonce les quotas cédés par le gouvernement Harper en échange du bœuf.  « Ça va saccager le système de gestion de l’offre pour les producteurs laitiers« , affirme le chef du Nouveau Parti Démocratique (NPD). De 13 000 tonnes aujourd’hui, les importations de fromages européens vont passer à 31 000 tonnes en vertu de l’accord. Écartelé entre la satisfaction de la filière bovine de l’ouest canadien et le mécontentement des fromagers québécois, le NPD joue la prudence et tarde à se positionner.

« Une entente gagnant-gagnant »

L’ancien premier ministre libéral du Québec, Jean Charest, militant de la première heure pour la signature d’une telle entente, s’est déclaré très satisfait, et reste persuadé que le Québec sortira gagnant de cet accord. « Le Québec est la porte d’entrée de l’Europe en Amérique du nord« , dit-il. C’est lui qui, en 2008, avait signé un Accord de Reconnaissance Mutuelle des diplômes (ARM) entre le Québec et la France.

Le milieu des affaires accueille également cet accord avec enthousiasme. Le Conseil du patronat du Québec parle d’ « une entente gagnant-gagnant », et la Chambre du commerce du Canada se réjouit de l’ouverture du marché européen pour les entreprises canadiennes.

En pénétrant un marché européen jusque là frileux de s’ouvrir à des viandes aux hormones, les producteurs canadiens de bœuf et de porc voient se profiler devant eux, d’importante perspectives de bénéfices.

Le Québec, base arrière des entreprises françaises en Amérique

Les autorités françaises se réjouissent de cet accord. Le Québec est la terre d’accueil des entreprises françaises, des grands groupes mais aussi de plus en plus de PME. Les échanges commerciaux entre la France et le Québec, constituent 45% du commerce franco-canadien, pour près de 3.5 milliards de dollars canadiens. « Les PME françaises s’installent au Québec, s’élargissent au Canada en milieu anglophone pour ensuite rayonner sur les États-Unis« , explique Frédéric Kaplan, chef des services économiques de l’ambassade de France à Ottawa.

Le Québec et la France entretiennent des liens historiques, linguistiques et de proximité. Sur les 550 entreprises françaises installées au Canada, qui génèrent 80 000 emplois, 70% le sont au Québec. Les investissements français, en nette reprise depuis 2012, se font majoritairement à Montréal.

Vers une harmonisation des normes

Néanmoins, sur le terrain, les chefs d’entreprise français, restent prudents. « C’est un pas en avant, mais il faut voir à l’usage », commente André Clémence, PDG d’Euro-Excellence. Son entreprise, installée à Montréal depuis presque 30 ans, importe des produits européens salés et sucrés. Elle offre un gamme de 3000 références et importe plusieurs dizaine de tonnes par mois (Le Hénaff, Petit-Navire, Lindt, Haribo,…).

S’il se réjouit de l’abolition des droits de douane, le chef d’entreprise attend surtout des avancés dans les actuelles entraves techniques qu’il rencontre (normes sanitaires, certification, étiquetage).  La mise en œuvre de l’accord devrait par exemple supprimer des droits de douane de 12.5% sur les confitures de fraises ou de framboises destinés à protéger la filière canadienne. André Clémence attend surtout une harmonisation des normes techniques et sanitaires pour simplifier l’entrée de ses produits sur le sol canadien.

Frédéric Kaplan est optimiste dans ce domaine. Il soutient que le Canada veut évoluer vers des contrôles plus harmonisés avec l’Europe. « Il y a une volonté de faciliter et de fluidifier les échanges, au delà des barrières tarifaires« , témoigne le chef des services économiques. Il confie même que sur certains gros contrats, les choses sont plus faciles depuis la signature de l’accord.

Un enjeu colossal pour la France

Même si des modalités techniques restent à négocier, l’accord devrait entrer dans sa phase de mise en œuvre provisoire en 2015. « Mais c’est maintenant que les entreprises doivent se préparer, car il y aura beaucoup d’opportunités!« , plaide Frédéric Kaplan. Les autorités françaises tablent sur un gain de 20% des exportations, soit un milliard d’euros. Les instances diplomatiques françaises risquent fort de se transformer en VRP de luxe pour faciliter les échanges commerciaux transatlantique. « À partir de 2014, la France et le Québec ont prévu d’entreprendre des opérations d’information sur l’AECG vers les entreprises, coordonnées au sein du groupe franco-québécois de coopération économique« , explique Nicolas Chibaeff, Consul général de France à Québec. Le réseau des chambres de commerce et Ubifrance seront des partenaires importants.

Le consul précise également que l’accord concerne la mobilité des personnes et la reconnaissance des qualifications professionnelles, dossier qu’il connait bien au Québec, puisque plus de 80 ARM ont été signés entre la province et la France. Nicolas Chibaeff indique par ailleurs que l’accord couvre les marchés publics et pourrait permettre aux entreprises françaises de soumissionner, dès lors que le marché public atteint une certaine taille.

Avant sa mise en œuvre provisoire prévue en 2015, L’AECG devra maintenant être traduit en 27 langues, puis être soumis pour ratification aux 27 pays de l’Union Européenne, aux 10 provinces et 3 territoires canadiens. L’année 2014 devrait être bien remplie!

 __________________________

Nathalie Simon-Clerc est rédactrice en chef-fondatrice de l’Outarde libérée, le webmagazine de l’actualité franco-québécoise, basé à Montréal et animé par des journalistes français du Québec. Diplômée en journalisme et en économie, elle est journaliste chez TC Média. Elle a également travaillé pour Radio-Canada, RMC infos, La Montagne et La Presse.

Le député Jean D’Amour et les producteurs laitiers dénoncent

3 décembre 2013 – 09:20 | Mis à jour : 09:39

Par Cathy Gagnon, journaliste

http://www.infodimanche.com/actualites/actualite/120519/le-depute-jean-damour-et-les-producteurs-laitiers-denoncent

Saint-Épiphane – Lundi, le député Jean D’Amour et des représentants des producteurs laitiers de la région étaient rassemblés à la Ferme Har-Lait de Saint-Épiphane. Ils dénonçaient l’ajout prévu de 17 700 tonnes de fromage européen sur le marché québécois faisant partie de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne.

Cette quantité s’ajouterait aux 13 000 tonnes déjà consenties depuis des années et représente environ 200 millions de litres de lait pour les producteurs laitiers du Québec qui fonctionnent sans subvention aucune.  De plus, ces tonnes supplémentaires admises affecteraient les quotas déjà achetés par les entreprises laitières québécoises qui représente 39 % des quotas canadiens.  « Ce qui revient à dire que le gouvernement fédéral donnerait quelque chose qui ne lui appartient pas », illustre M. D’Amour.

UNE BRÈCHE INQUIÉTANTE

Le député poursuit en affirmant que cette brèche dans la gestion de l’offre est très inquiétante : « Ne vient-on pas d’ébranler les colonnes du temple? Nous devons dénoncer maintenant cette situation plus que décevante. Après le fromage, ça va être quoi? Les conséquences économiques et sociales pourraient bien être désastreuses pour nos régions. L’industrie laitière se porte assez bien, pourquoi vouloir la fragiliser? Je ne crois pas que l’entente de libre-échange serait compromise sans cette clause concernant l’importation de fromage, alors pourquoi ne pas la retirer tout simplement? », demande-t-il.

PRODUCTEURS LAITIERS

Les propriétaires de la Ferme Har-Lait, Julien Harton et Marie-Claude Filion, se sont également exprimés. « Nous avons investi beaucoup dans la modernisation de nos équipements nous permettant d’offrir aux consommateurs des produits de grandes qualité et ce, sans subvention, souligne M. Harton. Là, il va y avoir des produits européens de moindre qualité qui vont entrer ici grâce à des subventions canadiennes. Et ça ne fera pas baisser les prix à l’épicerie, indique ce dernier. De plus, la compensation promise sera absorbée encore une fois par les consommateurs. Nous, nous n’avons pas les moyens de faire en sorte que nos produits se retrouvent sur leurs étalages. Ce n’est pas difficile pour M. Harper de promettre quelque chose qui ne lui appartient pas et pour lequel il n’a pas payé », conclut M. Harton.

Plusieurs acteurs du milieu agricole sont concernés par cette entente. En ce sens, le député souhaite sensibiliser l’ensemble de la population.

Gilbert Rioux, président du Syndicat des producteurs de lait du Bas-Saint-Laurent, Gilbert Marquis, président de l’Union des producteurs agricoles du Bas-Saint-Laurent,  Jean-François Rioux, premier vice-président de la Fédération de l’UPA du Bas-Saint-Laurent, et Johanne Laplante, directrice régionale pour la Fédération de l’UPA du Bas-Saint-Laurent ont également pris la parole lors de la dénonciation.

LA FÉDÉRATION

Dans un communiqué de presse, le président de la Fédération des producteurs de lait du Québec (FPLQ), Bruno Letendre, se faisait virulent : « Le gouvernement canadien a rompu avec les engagements qu’il avait pris et répétés, même quelques jours avant la conclusion de l’AECG, de ne pas accorder de concessions à l’Europe dans le secteur des fromages. Nous nous estimons trahis. » Dans un second communiqué, il ajoutait : « Les dommages directs sont bien plus grands qu’on veut le faire croire. Ça veut dire qu’on va donner à la production européenne subventionnée le fruit de nombreuses années d’efforts de développement de marché. Au lieu de croître, on va reculer. C’est une perte nette, concrète et directe. »

La FPLQ avance que l’impact de cet accord pourrait se traduire par des pertes de 150 M$ de ventes de lait pour les producteurs et plus de 300 M$ de ventes de fromages.

Quebec cheese makers furious over Euro trade deal

More European cheese in Canada in exchange for Canadian beef and pork exports

CBC News Posted: Oct 16, 2013 5:43 PM ET Last Updated: Oct 16, 2013 6:23 PM ET

 Quebec is home to more than 13,000 dairy farms. The Quebec Milk Producers’ Federation says the livelihoods of many farmers could be endangered by the new Europe-Canada trade deal. (CBC)

Quebec’s dairy farmers are furious about a tentative free-trade deal between Canada and the European Union that they say would endanger their livelihoods.

The not-yet-official deal would allow twice as much tariff-free European cheese across the Canadian border, in exchange for exporting tariff-free pork and Alberta beef.

That means about 30,000 metric tons of cheese produced in Europe would come to Canada.

Currently, about 13,000 metric tons of European cheese make it across the Canadian border a year.

Alain Bourbeau of the Quebec Milk Producers’ Federation said importing more tariff-free cheese is bad news for the bottom lines of the province’s dairy farmers.

He said farmers could lose up to $10,000 a year because of reduced quotas and explained that Quebec cheese makers produce nearly three-quarters of all fine cheeses in Canada.

Bourbeau said he doesn’t think Quebec products could compete against cheaper fine cheese from Europe.

According to the Quebec Milk Producers’ Federation website, there are 13,000 dairy farmers in the province. In 2009, the industry employed over 80,000 people and contributed $5.1 billion to the Canadian economy.

Bourbeau said he didn’t understand why the federal government would allow the Canadian market to be flooded with a foreign product its own work force could produce very well.

« It doesn’t make sense to make food travel all around the world when the country is able to produce that food. I think we can benefit from commercial exchange, but we should be more strategic on that, » he said.

Farmers elsewhere in Canada are also outraged, said Wally Smith, president of the Dairy Farmers of Canada.

“We are dismayed, we are disappointed and farmers across the country are angry,” he said.

Smith estimated up to a third of the Canadian market could be lost.

« We are shocked by the sheer magnitude of volume of access that is being given to the European union, » Smith said.

L’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne: aussi un enjeu des élections municipales

Publié le 21 octobre 2013

http://www.lecourriersud.com/Opinion/2013-10-21/article-3435246/L%26rsquo%3Baccord-de-libre-echange-entre-le-Canada-et-l%26rsquo%3BUnion-europeenne%3A-aussi-un-enjeu-des-elections-municipales/1

Lettre ouverte de l’Association des groupes d’éducation populaire autonome Centre-du-Québec

L’Association des groupes d’éducation populaire autonome Centre-du-Québec (AGEPA) interpelle l’ensemble des personnes candidates au Centre-du-Québec dans le cadre des élections municipales quant aux menaces que présente, notamment pour plusieurs champs de compétences municipales, l’Accord économique et commercial global (AECG) actuellement en négociation entre le Canada et l’Union européenne. L’AGÉPA les invite à s’engager en faveur de l’adoption, par leur conseil municipal, d’une résolution pour signifier la volonté de leur municipalité de protéger son autonomie et se soustraire à l’AECG.

L’une des principales demandes de l’Union européenne dans le cadre de cet accord de libre-échange est l’accès aux marchés publics canadiens. Les marchés publics touchent les achats publics de bien, de services (par exemple la distribution de l’eau potable et le traitement des eaux) et de travaux de construction tant par le gouvernement fédéral que par les provinces et les municipalités. Les contrats seront accordés au plus bas soumissionnaire et un principe de « non-discrimination » empêchera de favoriser les entreprises locales. Il n’est pas exagéré de croire que des entreprises locales, fournisseurs de services pour les municipalités, pourraient perdre d’importantes parts de marché face à la concurrence européenne.

Le domaine de l’agro-alimentaire serait également touché par l’entente. L’Union européenne pourrait obtenir jusqu’à 10 000 tonnes supplémentaires de produits laitiers en accès libre au marché canadien. Dans une région agricole comme la nôtre, où la créativité et le savoir-faire en matière de fromages fins sont reconnus, on peut craindre que cette industrie locale soit affectée par une augmentation marquée de l’offre de produits européens.

De plus, tout porte à croire qu’une clause pour la protection des investissements sera incluse dans l’AECG. Cette disposition permettra à une entreprise de poursuivre un gouvernement si une réglementation la prive de profits anticipés. Elle diminue considérablement le pouvoir de légiférer des gouvernements et donne aux compagnies le pouvoir d’empêcher la création de lois qui peuvent être considérées comme des obstacles au commerce, par exemple des lois ou règlements visant la protection de l’environnement.

Ces quelques exemples suffisent à comprendre que les impacts de l’AECG se feront sentir jusque dans notre région. Les candidates et candidats qui souhaitent nous partager leur position sur cette question, peuvent le faire par courriel àagepa@videotron.ca. Un modèle de résolution pouvant être adoptée par les municipalités est d’ailleurs disponible auprès de l’AGÉPA.

Pour plus d’information, nous vous invitons à visiter les sites Web d’organismes tels que l’Association québécoise pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (Attac-Québec, et le Réseau québécois sur l’intégration continentale (RQIC).

En espérant une intervention à ce sujet de la part des candidates et candidats, l’AGÉPA les félicite pour leur participation à la vie démocratique et leur souhaite une belle campagne électorale.

L’entente est plutôt bien reçue au Québec

19 octobre 2013 | Le Devoir | Actualités économiques

L’accord de libre-échange Canada-Union européenne reçoit un satisfecit quasi généralisé. D’abord par le gouvernement Marois, qui retient que l’AECG procurera au Québec un accès aux marchés publics de l’UE qu’il estime à quelque 3000 milliards de dollars annuellement. Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a estimé que le jeu en valait la chandelle lorsqu’on considère que la portion du marché public québécois qui sera accessible est évaluée à quelque 25 milliards.

De son côté, le chef de l’opposition officielle, Philippe Couillard, a aussi salué l’entente. Il s’est également dit confiant pour les producteurs laitiers et de fromage du Québec. « J’ai confiance dans la grande qualité des produits québécois, a affirmé le chef libéral. Je suis certain que nos fromages peuvent concurrencer ceux du reste du monde. » M. Couillard a également affirmé que c’est l’appartenance à la fédération canadienne qui avait permis au Québec de profiter de l’Accord, tout en désirant rappeler que son prédécesseur, Jean Charest, a été l’instigateur du déclenchement de ces négociations.

La Coalition avenir Québec applaudit également. « Pour les uns, il s’agit de l’ouverture d’un marché d’un demi-milliard de consommateurs supplémentaires pour exporter les produits québécois sans barrière à l’exportation. Pour les autres, il s’agit de l’arrivée sur le marché de nouveaux produits qui augmenteront la concurrence et entraîneront une diminution des prix. En définitive, ce sont aussi des milliers d’emplois qui pourraient être générés ici grâce à cette entente. » La CAQ a toutefois indiqué qu’elle allait suivre de très près le gouvernement péquiste pour qu’il s’assure d’obtenir les compensations nécessaires pour les producteurs de fromages québécois.

Ailleurs, la CSN a réclamé un débat public. « Le gouvernement du Québec doit mener une large consultation sur l’AECG. Ce dernier ne sera pas sans avoir des impacts majeurs sur notre économie ainsi que sur notre capacité à maintenir notre autonomie sur le plan des prises de décisions gouvernementales en certaines matières. »

L’organisation syndicale soutient que « nous déplorons depuis longtemps le secret entourant ces négociations. Maintenant, tous les textes doivent rapidement être rendus accessibles. Nous nourrissons des craintes légitimes, par exemple sur les impacts de l’accès des compagnies européennes à nos marchés publics ».

Pour sa part, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) accorde un appui enthousiaste. « À notre avis, l’entente présentée aujourd’hui permettra d’établir une collaboration accrue avec nos partenaires économiques européens et facilitera la mobilité des biens, des services et de la main-d’oeuvre. Un tel accord contribuera à diversifier nos marchés et à attirer des investissements importants qui généreront une prospérité durable bénéfique pour l’ensemble des Québécois et des Canadiens », a souligné le président du CPQ, Yves-Thomas Dorval.

Il reprend les paramètres des documents déposés vendredi. « Le Canada accédera à un marché additionnel de plus de 500 millions de consommateurs européens. Lorsque l’accord prendra effet, d’ici deux ans, environ 98 % des tarifs en vigueur dans l’Union européenne pour presque tous les biens manufacturés tomberont presque immédiatement et seul le Canada aura un tel accès privilégié au marché européen à ce moment. Dans le domaine agricole, 94 % des tarifs seront éliminés. Seuls quelques biens bénéficieront d’une période de sept ans pour s’intégrer, ce qui fera passer le total à 95 % des tarifs éliminé sur les produits agricoles. »

Élimination des écueils

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) salue également l’entente. « C’est une bonne nouvelle pour les entreprises qui font déjà des affaires avec l’Union européenne ou qui envisagent de le faire », a déclaré Martine Hébert, vice-présidente, Québec. Des sondages réalisés auprès des membres de la FCEI indiquent que de nombreuses PME aimeraient accroître le volume des produits et services qu’elles achètent et vendent de l’autre côté de l’Atlantique, mais se heurtent aux écueils suivants:

  • fluctuation de la valeur du dollar canadien (67 %) ;
  • coûts liés à la vente ou à l’achat de produits et services étrangers, tels que les frais d’expédition (45 %) ;
  • tarifs et droits de douane élevés (28 %) ;
  • variation des règles et des normes entre les pays (21 %).

Indifférence européenne

Enfin, l’Association minière du Canada (AMC) s’est dite ravie et parle de progrès. Le président et chef de la direction de l’AMC, Pierre Gratton, a fait ressortir qu’« au Canada, l’UE est le deuxième marché d’exportation en importance pour les métaux canadiens, le troisième marché en importance pour les non-métaux et le quatrième marché en importance pour les combustibles minéraux […] Au moment de sa mise en oeuvre, le nouvel accord permettra de supprimer 98 % des droits de douane européens et canadiens, tout en éliminant progressivement les droits restants au fil du temps ».

L’enthousiasme canadien détonnait cependant avec la quasi-indifférence en Europe. Le quotidien Le Monde résumait ainsi le contenu de l’accord. « Ottawa a finalement accepté de doubler les importations de fromages européens, pour augmenter légèrement ses exportations de viande de boeuf vers les Vingt-Huit. L’accord prévoit surtout une forte baisse des droits de douanes. L’échange de services devrait lui aussi être largement ouvert, sauf les activités dûment listées, comme l’éducation, l’audiovisuel, ou la santé. Enfin, les provinces canadiennes devraient ouvrir leurs appels d’offres publics aux fournisseurs européens. »

Et Le Monde de rappeler que « c’est la première fois que l’UE signe un tel accord de libre-échange avec un pays industrialisé, membre du G8, même si le Canada n’est que son douzième partenaire commercial ».

L’accord Canada-Europe: une très bonne nouvelle pour les entreprises québécoises

DOMINIQUE FROMENT . les affaires.com . 17-10-2013 (modifié le 18-10-2013 à 09:52)

Les principales associations qui représentent les entreprises québécoises sont unanimes : l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne sur le point d’être signé est une bonne nouvelle pour elles et l’économie québécoise en général.

 On se souviendra qu’à l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange entre les États-Unis et le Canada, en 1989, certains avaient prédit l’apocalypse, ou presque, pour les entreprises canadiennes, 10 fois plus petites que les américaines. Les experts s’entendent aujourd’hui pour dire que sans cet accord, l’économie canadienne serait dans un piteux état.

Des groupes ont commencé à faire part de leurs inquiétudes, et peut-être avec raison – les producteurs de fromages notamment – mais les associations d’entreprises sont formelles : cet accord avec les 28 pays européens qui leur ouvre les portes d’un marché de plus de 500 millions de consommateurs, si elle fera probablement quelques victimes, se révèlera globalement un très bonne chose pour le Québec et le Canada.

 Cet accord doit être approuvé par tous les pays concernés, ce qui pourrait prendre un à deux ans avant qu’il n’entre en vigueur. 

 Ce qu’en disent nos entreprises

 «De façon générale, les PME canadiennes appuient l’accord avec l’Europe. Une PME sur deux au Canada fait des affaires à l’internationale mais seulement 5% avec l’Europe. Cet accord aplanira les obstacles à leur expansion en Europe et leur permettra de mieux diversifier leurs marchés.»

-Martine Hébert, vice-présidente, Québec, de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante

«Ça fait plusieurs années qu’on appuie le gouvernement fédéral dans cette voie. En ouvrant de nouveaux marchés à nos entreprises, on pense que cet accord aura des retombées positives pour nos entreprises et les Québécois en général. On pense même que le gouvernement devrait maintenant tenter de négocier un tel accord avec l’Inde et la Chine.»

-Patrick Lemieux, porte-parole du Conseil du patronat du Québec

«Cet accord est une excellente nouvelle pour nos entreprises. Nous, on ne croit pas que le protectionnisme soit bon pour une économie. L’ouverture de nos marchés respectifs va nous obliger à devenir meilleurs. Nos entreprises sont capables de concurrencer les entreprises européennes sur nos marchés et sur leurs marchés.»

-Simon Prévost, président des Manufacturiers et Exportateurs du Québec

«Si les entreprises québécoises peuvent concurrencer les entreprises américaines, elles peuvent certainement concurrencer les entreprises européennes. Cet accord nous ouvre un marché de 17 000 milliards de dollars de PIB. Tout comme Vancouver profite d’être dans l’axe de l’Asie, Montréal peut profiter des marchés européens ; c’est une zone naturelle pour nous.»

-Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

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